India
One thousand faces.

Digital.

David Mulnard

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  • From Jammu to Mumbai

    Un voyage dans un train indien c'est un voyage dans un voyage. Un éveil de tous les sens qui ne laisse pas indifférent.Tout à commencé a Kashemir, l'état le plus septentrional de l'Inde, au plus proche du Pakistan. Le climat est particulier mais l'accueil n'en est pas moins chaleureux. Après une semaine passée sur le Lac Dhal à apprécier la compagnie des mes hôtes musulmans, il est temps de me diriger vers le sud.

    Mon choix s'est porté sur Mumbai, la capitale Bollywoodienne. Mais celle-ci n'a que peu d'importance à mes yeux. Ce qui m'attire le plus c'est la manière d'y accéder. En effet, je ne le sais pas encore, mais ce voyage sera des plus troublant, et aura l'occasion de toucher tous mes sens.

    Pour la première étape de mon trajet, un chauffeur survolté m'emmène jusqu'à la gare de Jammu. La route pour descendre des montagnes est sinueuse et dure plus de sept heures.

    Je passe la nuit à Amritsar en très bonne compagnie. Certaines rencontres vous apportent beaucoup de paix et de sérénité. Ce fut le cas avec un chauffeur de taxi-vélo. Le temps d'une nuit, il m'a montré toute la sincérité et l'honneté dont un homme pouvait être capable. Cet ami éphémère me met sur la bonne voie pour la suite de mon voyage en me conduisant à la gare. Il est environ 8h du matin quand le Goldn Temple 12904 entre en gare. Des rêves pleins la tête je me sens prêt à parcourir ces 1891 km qui me separent de Bombay. Je suis heureux de trouver ma couchette pour cette première journée à travers l'Inde. Alors que mes pensées sont encore en compagnie du peuple sik et de son merveilleux temple doré, mes premiers compagnons de voyage me ramènent à l'instant présent. Je fais la connaissance de Rushikesh et ses nombreux amis ainsi que de Shivani, une jeune fille voyageant seule. Dans les premiers temps du periple, l'espace ne manque pas. Régulièrement je me retrouve assis sur le pas de porte à contempler le paysage qui défile. La vitesse moyenne du train est de 50km/h, parfois plus, parfois moins. Ce qui me laisse le temps de croiser des regards, des expressions, des saluts. De temps à autre, le train marque des arrêts. En tout, il en fera 99 avant d'arriver à destination. Chaque arrêt est propice à de nombreux vas et viens. Je lis dans de nombreux regards que certains ne sont pas vraiment là. Ils pensent à leur destination. A ceux qu'ils ont quitté. Certains yeux s'attardent sur moi et m'invitent au dialogue. On me demande mon prénom, d'où je viens. Je comprends rapidement qu'être blanc en Inde est également une aventure en soi.

    Le lendemain est plus mouvementé. L'Inde multiple s'offre à moi et je lui tends les bras. Dans ce pays aux grands espaces et petits villages, la vie s'organise autour des voies ferrées. Chacun marque un arrêt et observe ces boites de fer bruyantes le temps de leur passage.

    Plus on se rapproche de Bombay moins il y a d'espace dans les wagons. Des vendeurs de toutes sortes arpentent les couloirs. Toute la journée et toute la nuit on peut entendre crier "chai, chai" ou encore "samosas, samosas". Mais il y a aussi de nombreux enfants qui font la manche ou de pauvres hommes qui passent le balais pour quelques roupies. D'autres encore avancent sans rien y voir en agitant une écuelle. Les moins chanceux rampent au milieu des cabines qui sont maintenant pleines à craquer. Le train indien c'est des sons, des odeurs, des couleurs, et beaucoup de rencontres. Mes compagnons de trajet m'offrent régulièrement à manger et se préoccupent de mon bien-être. Ils semblent être habitués à tant de proximité. Ils n'ont pas de gène à partager une banquête à deux, à trois et à dormir ensemble. Je comprends vite que la notion d'espace privé que certains cherissent tant en Occident a ici peu de valeur.

    Après 24 heures, je commence à trouver le temps long. Le temps passe si lentement que j'ai l'impression qu'il ne s'intéresse plus à notre petit monde. La lente vitesse du train a gagné les aiguilles de ma montre qui semblent elles aussi être au ralenti. La douce berceuse des mouvements du train devient peu à peu monotone. Les cris des vendeurs ne m'amusent plus et surtout m'empechent de fermer l'oeil. La deuxième nuit est courte. Les gens se bousculent, s'interpellent, se trompent de couchette. Je continue à me raccrocher à certains visages, à essayer de comprendre ce qu'ils veulent me dire dans cette nuit mouvementée.

    Au petit matin nous atteignons enfin la grande ville de Bombay. Le train se vide progressivement. Tout le monde descend aux arrêts précedant le terminus. Le calme revient. Je le savoure pleinement et me retrouve bientôt seul à bord de la cabine. Le balai incessant se clôture par les nettoyeurs Derniers à entrer en scène, ils acheveront le spectacle en beauté. Finalement, 43h après le départ le train entre en gare de Chhatrapati Shivaji, Bombay. Déboussolé, je sors du train et j'avance vers ce pays aux mille trésors, aux mille regards.

    A trip in an Indian train is a trip inside a trip. An awakening of all senses which doesn't leave you unmoved. Everything began in Kashemir, the most northern state of India, near Pakistan. The atmosphere is particular but the welcome is warm. After a week spent on the lake Dahl, appreciating the company of my muslim hosts, it's time to go to the south.

    My destination will be Mumbai, the Bollywood capital. But this one doesn't really matter. What attracts me is the way to get there. Actually, I don't know it yet but this trip will be highly disturbing and will touch all my senses.

    For the first step of my journey, an over-excited driver leads me to Jammu station. The road to get down the mountains is winding and lasts more than seven hours. I spend the night in Amritsar in very good compagny. Some meetings bring you a lot of peace and serenity. It was the case of a driver of a bicycle taxi. For one night, he showed me all sincerity and honesty that a man could be capable of. This fleeting friend puts me on the right track for the rest of my trip by riding me to te station. It's about 8.am when the Goldn Temple 12904 comes in the station. My head is full of dreams. I fell ready to go all over these 1891km wich seperate me from Mumbai.

    I'm happy to find my couch for this first day trough India. Whereas my thoughts are yet with the sik people and its wonderful golden temple, my first travelling companions bring me back to the present moment. I met Rushikesh and his numerous friends and Shivani, a young lady travelling alone. At the beginning, there is lot of space. Regulary, I find mysefl sitting on the doorstep, gazing at the landscape passing. The average speed of the train is 50km/h, sometimes more, sometimes less. What gives me time to meet eyes, expressions, nods. From time to time, the train stops. In all, it will stope 99 times before reaching its destination. Each stop favours lots of comings and going. I read in lot of eyes that some are not really here. They think about their destination, about those they left. some eyes linge on me and invite me to dialog. I am asked to give my first name, where I come from. I understand quickly that being a white man in India is also and adventure in itself. The day after is more eventful. Complex India meet my eyes and I strech out my arms to it. In this country with wide areas and small villages, life organizes itself around railways. Everybody stops and watches these noisy iron boxes when passing by.

    The closer we go to Mumbai, less space remains in the carriage. Sellers of all sorts space up and down the corridors. All day long and night, we can hear people shouting "chai, chai" or "samosas, samosas". But there are also a lot of children who are begging or poor men who are sweeping the floor for some roupies. Ohers are moving forward without seeing anything, shaking a bowl. The less lucky is crawling in the middle of the cabins wich are now completly full.

    Indian train is made of sounds, smells, colours and lots of meetings. My traveling campanions give me regulary to eat and worry about my well-being. They seem to be accustomed to proximity. They don't feel embarassed to share a seat for two or three and sleep together. I quickly understand that the notion of private space that some cherish so much in the west has here little worth.

    After 24 hours, I being to find time long. Time goes by so slowly that I have the feeling that it isn't interested in our little world anymore. The slow speed of the train spreads to the needles of my watch wich seem to work at a slower space too. The sweet cradlesing of the movements of the train becomes little by little monotonous. I don't enjoy the shouts of the seller anymore and moreover, they prevent me from closing the eye. The second night is short. People jostle each other, hail, take the wrong couchette. I carry on with hanging on to some faces, trying to understand what they want to tell me in this heetic night.

    In the early hours, we reach at last the great town of Mumbai. The train empties gradually. Everybody gets off at the stops preceding the terminus. The quietness comes back. I savour it completly and soon, I find myself alone by the cleaners, the last ones to come on stage, they will finich the show in beauty. Finally, 43 hours after the departure, the train enters the Chhatrapati Shivaji station, in Mumbai. Confused, I get of the train, move forwards in this city with thousands of treasures, thousands of looks.

    Kashmir
    Country side of Srinagar

    Dans la vallée du Cachemir la vie est rudimentaire. Début décembre, je me promène à quelques kilomètres du lac Dahl non loin de Srinagar. Je découvre toute la beauté et la rudesse d'une vie de paysan. Vêtu de longues toges aux couleurs sombres, les habitants travaillent sous des flocons discrets. Ici je perçois une vie proscrite de toutes avancées technologiques. Une vie coupée de l'information. Une vie à l'abri d'un système qui se veut protecteur. Les habitants ont un regard inquiet, je tente le dialogue mais il est difficile. Je sens la réserve, la prudence. Cette protection tend à garder l'authenticité d'un peuple, d'un mode de vie. Je me sens privilégié de pouvoir observer des personnes simples, sans artifice. Ici je me sens à l'abri des montagnes, la présence militaire qui règne autour de la ville de Srinagar n'a pas lieu d'être. Cette région de l'Inde peu visitée à beaucoup à offrir. Mon séjour dans la vallée n'est pas long. J'aimerais y retourner afin d'accompagner les Chachemiris dans leur village. Dans les montagnes de l'Himalaya.

    In the valley of Cachemir life is rudimentary. At the beginning of December, I walk a few kilometers away from the lake Dahl not far from Srinagar. I discover all the beauty and the harshness of farmer's life. Dressed long togas in the dark colors, the inhabitants work under discreet flakes. Here I perceive a life banned of any technological breakthroughs. A life cut of any information. A life shielded from a system which aims to be protective. The inhabitants have a worried look, I try the dialogue but it's difficult. I feel the reserve, the caution. This protection tends to keep the authenticity of people, lifestyle. I feel privileged to being able to observe simple people, without artifice. Here I feel shielded from mountains, military presence which reigns around the city of Srinagar has not grounds for being. This region of India is difficult visit. In an other way it has many to offer. My stay in the valley is not long. I would like to return to it to accompany Chachemiris in their village. In the mountains of Himalaya.

    South-West
    From the street

    Une série d'images illustrant le sud-ouest de l'Inde. Une rencontre avec la communauté chrétienne du pays dans les petits villages de Goa à l'approche du 25 décembre. La découverte de Hampi dans l'état du Karnataka et des BackWaters du Kerala. Le sud de l'Inde est coloré.

    Les visages sont parfois marqués par la difficulté et le niveau de vie. Durant mon parcours ils n'auront jamais cessé de m'interpeller. Ils font la beauté du pays et témoignent de son passé. Chaque rencontre aura été une aventure, une histoire. Un partage de tristesse et de joie, des instants particuliers, des échanges riches qui m'ont imprégné. .

    A series of images in the southwest of India. A meeting with the Christian community of the country in the small villages of Goa at the approach of December 25th. The discovery of Hampi in the state of Karnataka and BackWaters of Kerala. The South of India is colored.

    Faces are sometimes marked by the difficulty and the standard of living. During my trip they will never have stopped calling out to me. They make the beauty of the country and testify of its past. Every meeting will have been an adventure, a story. A sharing of sadness and enjoyment, particular moments, rich exchanges which soaked me.

    Goa
    Kulem station / Goa.
    Kamral / Goa.
    Kamral / Goa.
    Chandor.
    Midnight Mess / Chandor.
    Midnight Mess / Chandor.
    Midnight Mess / Chandor.
    Goa.
    Arambol / Goa.
    Arambol / Goa.
    Arambol / Goa.
    Arambol / Goa.
    Arambol / Goa.
    From the train.
    From the train.
    Karnataka
    Hampi / Karnataka.
    Hampi / Karnataka.
    Hampi / Karnataka.
    Hampi / Karnataka.
    Hampi / Karnataka.
    Hampi / Karnataka.
    Hampi / Karnataka.
    Kerala
    From the train.
    Gokarna.
    Gokarna.
    Kochi / Kerala.
    Kochi / Kerala.
    Backwaters / Kerala.
    Backwaters / Kerala.
    Backwaters / Kerala.
    Backwaters / Kerala.
    Backwaters / Kerala.
    The Indian Mustache